12 octobre 2008
Le canard
J'émerge un peu et décroche un bâillement...
Je me demandais sincèrement de quoi causer aujourd'hui'hui... Après tout, ce n'était pas si grave, Epilost avait déjà vécu des périodes d'avarie et de calme bien plus longues. Pourtant un appel téléphonique me fit me souvenir d'une histoire, une histoire qui fait hurler de rire mon entourage et m'apporte un bon lot de questions quant à la tête que j'arbore et l'impression que je donne au gens...
Comprenez qu'un jour dans lequel je quittais tranquillement la capitale, il me prit, comme ça, sans crier "garre" de rejoindre les quai ferroviaire sans user de ticket de métro...
A vrai dire je n'avais aucun moyen de paiement, et aucunement l'envie de risquer de retarder mon départ avec une fraude trop peut discrete.
Je quittait donc Clichy, en direction de la gare du nord, me dirigeant à pas lent vers la rue Réchouart et Barbes. Je longeais Monmartre par le sud, et sans trop y reflechir me dirigeait aux abords du quartier rose néon de Paris, centre de débauche bergere et de gentille et guillerette luxure.
Je traversais donc l'endroit, sans vraiment m'arreter, si ce n'était pour prendre quelques photos du Moulin rouge et des Folies véritables monuments dressés devant le quidam insouciant comme un lat devant une prude. Non sans rire... Ca impressionne...
La traversée dura une vingtaine de minutes, une vingtaine de minutes passées à me faire aborder par une demi douzaine d'entraineuses, me proposant quelques instants de discution garantis "exquis" alors qu'elles me palperaient là où... Qu'elle me fouillerais l'endroit où... L'endroit où je range mon portefeuille...
Je refusais poliment, légerement amusé, mais passablement agassé. Non seulement de devoir me montrer sans cesse poli avec des inconnues mais aussi pour n'oser m'aventurer dans les quelques rues ornées, outre de maisons closes, de magasins de musique suceptible de m'interesser une fois abstraction faite des flutes, clarinettes, trompette et autre instrument suceptible d'être confondu avec la devanture de commerces d'un autre accabit...
Ces commerces, justement... Je passais devant le profil bas, sous une fine pluie de fin d'été, refusant de marcher sous les stores écarlates et donc de me rapporcher des vitrines.
_"Hey voyou ! Viens donc voir ! On à des filles !" m'abordait-on les bras grand ouvert, me priant de bien vouloir jeter un oeil à l'interieur à défaut d'une autre partie de mon anatomie.
Je ne stoppais pas ma marche, perdurant mon avancée alors qu'une autre me proposa "Viens monsieur ! Nous on a des belles filles !"
"Menteuse" pensais-je alors que je voyais devant moi un erzats de bibendum aussi maquillée qu'une voiture volée. Mes pas continuerent, et je vous le dit maintenant, je vous le dit afin de faire mourrir le suspens que j'ai fait naitre en vous sans vraiment le vouloir. Non, je n'y suis pas allé...
L'anecdote tiens surtout dans le nombre et les variantes des propositions qui me furent faites.
On tenta de m'amadouer, "viens on a des filles..." ; "Viens on a des garçons..." ; "Viens ! Viens chez nous, on a des poupées, des belles poupées."
Poupées, ou même dinette, j'ai passé l'age de soulever les jupes des Barbies.
En plus, je sentais que la fin de ce quartier était proche, plus qu'une petite vingtaine de mètres, s'en serait fini.
Bien entendu, tout ceci ne pouvais s'achever sans une derniere tentative que je pris aux oreilles comme on prend une gifle au visage, c'est à dire "mal" et sans vraiment la comprendre.
_"Hey... Hey... Psss Hey gamin... Viens voir... Nous, on à un canard..."
Il était temps que je rentre...